Nikswieweg - EverybodyWiki, CC BY-SA 2.0, via Joshua Project
Peuple non atteint Frontière
Les Bisharins sont un rameau du peuple beja qui habite le désert nubien, entre le Nil et la mer Rouge, aujourd’hui partagé entre le Soudan et l’Égypte. Ils parlent le bedawiyet, une langue couchitique qui renvoie au mode de vie bédouin ancestral qu’ils préservent encore aujourd’hui.
Leur présence dans cette région remonte à des millénaires, ce qui fait des Bisharins l’un des peuples les plus anciens à vivre encore pratiquement de la même manière sur leur terre d’origine. Organisés en clans et connus pour leur refus historique de toute domination étrangère, ils ont conservé leur langue, leurs coutumes et leur liberté nomade malgré les empires, royaumes et États qui se sont succédé autour d’eux.
Cette continuité est la marque la plus forte de l’identité bisharin : un peuple du désert qui a traversé les âges sans se laisser absorber, et qui continue de préserver jalousement ce qui le distingue de ses voisins arabes et nubiens.
La présence des Bisharins dans le désert nubien remonte à l'époque des pharaons, ce qui fait d'eux l'un des peuples les plus anciens de la région de la Corne de l'Afrique. Vers le VIe siècle, le christianisme a atteint les Bejas de façon superficielle, sans enraciner profondément leur foi ni leur identité.
À partir du IXe siècle, des tribus arabes venues de la péninsule arabique se sont établies parmi les Bejas, s'unissant à leurs familles par le mariage et le commerce, et l'islam a ainsi gagné du terrain parmi eux au fil des siècles. Les Bisharins ont adopté peu à peu la nouvelle foi, sans abandonner leur structure de clans ni leur refus historique de se soumettre à des pouvoirs extérieurs. Vers le XVe siècle, cette conversion était déjà consolidée. Ils sont ainsi parvenus jusqu'à aujourd'hui, divisés par des frontières modernes entre le Soudan et l'Égypte, tout en conservant une identité qui a traversé les empires.
| Pays | Part du peuple | Population |
|---|---|---|
Soudan Non atteint
|
80,2%
|
502.000 |
Égypte Non atteint
|
19,8%
|
124.000 |
Traditionnellement pasteurs nomades, les Bisharins élèvent des chameaux et des chèvres et se déplacent dans le désert nubien en quête d’eau et de pâturages, bien qu’une partie du peuple vive aujourd’hui de façon sédentaire dans des villes de l’est du Soudan et du sud de l’Égypte. La vie sociale s’organise en cinq clans, subdivisés en groupes de familles élargies qui s’occupent ensemble des troupeaux et des différends internes.
Au-dessus de la loi de l’État prévaut le salif, le code coutumier beja qui régit aussi bien l’hospitalité envers le voyageur que la compensation pour les offenses et les blessures. La liberté du désert est une valeur aussi précieuse que l’honneur de la famille, et la résistance à toute autorité extérieure marque le mode de vie bisharin depuis des générations.
Les Bisharins sont majoritairement musulmans, mais l’islam qu’ils pratiquent est plus social que doctrinal : peu accomplissent le pèlerinage à La Mecque ou suivent les prières quotidiennes avec rigueur, et la foi s’exprime davantage comme marque d’identité et d’appartenance au peuple que comme pratique religieuse détaillée.
Avant l’islam, les Bejas ont connu des phases de culte de divinités égyptiennes et un christianisme qui n’a jamais pénétré en profondeur. Aujourd’hui, être bisharin et être musulman sont presque synonymes aux yeux du peuple lui-même, ce qui fait de toute autre foi une rupture avec l’identité collective, et non une simple décision personnelle.
La langue bedawiyet, aussi appelée bedauye, dispose déjà du Nouveau Testament complet traduit, ainsi que de portions de l’Ancien Testament, fruit d’un travail de traduction achevé au cours des dernières décennies. Comme l’oralité est forte et l’accès à l’écrit limité chez les Bisharins, des enregistrements audio des Écritures ont davantage de chances de toucher le cœur du peuple qu’un texte imprimé. Une Bible complète dans cette langue reste une lacune ouverte.
Chez les Bisharins, être beja, c’est être musulman : la foi islamique s’est fondue à l’identité du clan au fil des siècles, et l’abandonner revient à rompre avec sa propre famille et sa lignée. À cela s’ajoutent l’isolement du désert, la vie nomade qui rend difficile toute présence chrétienne durable, et la loi coutumière du salif, qui régit la vie du groupe avec plus de poids que tout code externe. Le résultat est un peuple rarement touché par un témoignage chrétien, et encore moins par une Église qui parle sa langue.
Vivre du désert exige de composer avec des sécheresses récurrentes, la rareté de l’eau et les difficultés à entretenir des troupeaux sur une terre aride, ce qui pousse de nombreuses familles bisharins vers les villes en quête de subsistance. Dans ce processus, beaucoup perdent les liens d’entraide que le clan offrait dans le désert, sans trouver immédiatement un réseau équivalent dans la vie urbaine.
Sur le plan spirituel, le manque est encore plus grand : il n’existe pratiquement aucune communauté chrétienne bisharin, ni personne pour annoncer l’Évangile en bedawiyet en vivant parmi le peuple. Un tel peuple manque, avant tout, de quelqu’un qui parle sa langue et partage sa vie pour lui présenter Christ.
Intercédez pour ce peuple avec des chrétiens du monde entier.
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